Qu’est-ce que l’Astral – Partie 1

20 décembre 2016

Pour comprend9782857076926-fr-300re le projet de cartographie astrale qui va animer le blog ces prochains mois, je vais m’efforcer de décrire le mieux possible l’Astral, malgré les limites évidentes du langage commun pour cerner ce type de réalités subtiles, et malgré mes propres questionnements sur ce sujet qui ne sont pas tous – loin s’en faut – résolus à l’heure où j’écris ces lignes.

Je puiserai donc dans le meilleur de l’abondante littérature qui aborde l’Astral, en y ajoutant au besoin mes propres observations et sentiments. Commençons donc sans plus tarder avec la plume de Stanislas de Gaita, dont l’occultisme et le mysticisme de la Belle Époque transpire à chaque ligne. De Gaita nous décrit une réalité bien concrète de l’Astral, celle d’un champ d’énergie infinie et de batailles incessantes pour toutes les forces agissantes ici-bas et ailleurs…

« La Sorcellerie ou Magie Noire, qu’ailleurs nous définissons ‘la mise en œuvre, pour le Mal, des forces occultes de la Nature’, diffère de la haute et divine Magie en trois points essentiels: elle s’en distingue d’abord par la diversité d’intention, puis par le degré de science ou d’ignorance des moyens employés, enfin par le contraste des résultats obtenus. Mais [...], Mage et Sorcier plient aux buts les plus discords, aux œuvres les plus disparates, un même agent qui leur est commun à tous deux – l’Astral.

Le plan astral [...] champ de bataille hyperphysique où se heurtent, en un cliquetis d’éclairs, la lumineuse flamberge de Saint-Michel Archange et la fourche fulgurante de Satan-Panthée. Formidable duel! D’une part, le champion fatidique d’Hylé, l’aveugle Instinct, monstre collectif réactionné par les dévorantes passions individuelles; d’autre part, la sainte guerrière d’Arké, l’Intelligence sereine, sciemment ralliée au plan providentiel: c’est l’Ange et le Démon légendaires, s’escrimant à armes égales dans la région du feu cosmique!

[...] Voilà l’Astral – agent pantomorphe et convertible; tantôt Satan lui-même, lorsqu’il subit les forces collectives du Mal; tantôt, quand il est mû par les puissances providentielles, lumière de gloire des élus et corps mystique du Siant-Esprit. Une étude consciencieuse de l’Astral doit embrasser ces deux aspects contradictoires. »

Chose intéressante, De Gaita rappelle que « le plan Astral » n’est pas, contrairement à ce que peuvent croire les mauvais Sorciers, le plan subtil le plus élevé; il n’est que le plus directement accessible et mobilisable, par quiconque manipule les énergies. « Abstraction faite du plan Astral, que nous savons commun par essence aux adverses milices du Ciel et de l’Enfer, le Mage est actif sur d’autres plans encore, parfaitement inconnus des fauteurs de sortilèges. De pareilles altitudes ne se révèlent accessibles qu’à l’essor de l’aigle ou de la colombe mystiques; mais, hiboux ou vautours de l’Arcane, jamais les immondes cohortes n’en souilleront l’éther immaculé ».

Stanislas de Gaita, La clef de la Magie Noire.

Partons découvrir les autres mondes (présentation du projet)

15 octobre 2016

Voici quelques mois que le site était au point mort. Outres mes occupations terrestres qui ont été particulièrement prenantes ces derniers temps, j’ai consacré l’essentiel de mon temps de recherche à un projet qui est désormais sur pieds: tenter une cartographie des mondes subtils.

Ce projet n’est en rien « novateur », dans le sens où depuis quelques années, la blogosphère ésotériste Anglo-Saxonne se prend de passion pour la « traque » des entités, sorte de chasse destinée à répertorier et à identifier les entités grouillant par-delà le voile de la matière. Les travaux d’Arnaud Thuly sur la traque et l’entéléchie sont ce qu’il y a de plus complet actuellement sur le sujet, et je vous invite vivement à les consulter pour en savoir plus.

Mon objectif est toutefois plus modeste et moins frontal, car moins accès sur les entités que sur leur environnement. A la manière d’un explorateur ou d’un journaliste en immersion, je vais essayer de dresser un tableau en patchwork de mes découvertes dans l’Astral, en essayant de regrouper le maximum d’informations exploitables. Vous pourrez donc suivre (en différé) mes explorations les plus intéressantes, que je noterai ici à la façon d’un carnet de bord; de temps à autres, je proposerai aussi des petites synthèses thématiques de mes découvertes, pour mieux exploiter les données que j’aurai accumulées au cours de mes voyages.

Bien entendu, le blog continuera également d’être alimenté par des articles en dehors de ce projet.

L’attente était donc longue, et je m’en excuse, mais elle va déboucher sous peu sur une série de billet qui devraient être – je le crois – passionnants.

silencieusement vôtre,

Fr. Kearan.

De retour!

4 juin 2016

Après de longues pérégrinations plus ou moins contraignantes, dans cette réalité et dans d’autres, me voici de retour avec, très prochainement, de nouveaux articles inédits à partager! Mille excuses pour cette absence beaucoup trop longue,

A très bientôt!

Fr. Kearan.

Fuir les vaines sciences…

29 janvier 2016

Tandis que la Révolution faisait rage, voici ce que répondait Claude de Saint-Martin dans une lettre adressée en 1794 depuis la France à son ami, le baron suisse Kirschberger, infatigable curieux de l’occulte.

« La maçonnerie dont vous me parlez, je ne la connais point et ne puis vous en rendre aucun compte. Vous savez mon goût pour les choses simples, et combien ce goût se fortifie en moi par mes lectures favorites. Ainsi, tout ce qui tient encore à ce que je dois appeler la chapelle, s’éloigne chaque jour de ma pensée… Quant aux ouvrages dans L’Homme de désir… Je vous avoue qu’après de semblables richesses qui vous sont ouvertes (les œuvres de Jacob Boehme), et dont vous pouvez jouir à votre aise à cause de votre langue et de tous les avantages terrestres que la paix politique vous procure, je souffre quelquefois de vous voir me consulter sur des loges et sur d’autres bagatelles de ce genre, moi qui, dans les situations pénibles en tous sens où je me trouve, aurais besoin qu’on me portât sans cesse vers ce pays natal où tous mes désirs et mes besoins me rappellent, mais où mes forces rassemblées tout entières sont à peine suffisantes pour me fixer par intervalle, vu l’isolement absolu où je vis ici sur ces objets. Je me regarde comme le Robinson Crusoé de la spiritualité et quand je vous vois me faire des questions dans ces circonstances, il me semble voir un fermier général de notre ancien régime, bien gros et bien gras, allant consulter l’autre Robinson sur le chapitre des subsistances ; je dois vous dire qu’il lui répondrait :  » Monsieur, vous êtes dans l’abondance et moi dans la misère ; faites-moi plutôt part de votre opulence » ».

Fr. Kearan.

De la Tradition Primordiale : le péché originel chez les Aborigènes

21 janvier 2016

L’existence d’une « Tradition Primordiale », c’est-à-dire d’une religion, d’un fond spirituel ou d’une « science des sciences » communs à l’ensemble de l’Humanité primitive fait débat, tant chez les occultistes que chez les historiens et spécialistes des religions. Ce qui est certain, c’est qu’il existe un grand nombre d’analogies – et parfois de similitudes frappantes – dans les croyances de civilisations fort éloignées, tant géographiquement que culturellement. En voici un exemple, avec le récit du péché originel chez les Aborigènes, qui rappelle immédiatement celui d’Adam et Eve goûtant au fruit défendu !

« Un jour, où Purukuparli restait au camp, Waijani, sa femme, s’en fut retrouver son amant Tapaji. Elle prétexta d’aller chercher à manger. Waijani et Tapaji commirent l’adultère, mais sous le regard du hibou. Waijani avait amené avec elle son bébé Janani. Elle le laissa à l’ombre d’un arbre. Elle s’absenta trop longtemps. L’ombre se déplaça, exposant petit-à-petit le bébé aux rayons mortels du soleil. Triste, elle s’en retourna lentement au camp.

Quand il apprit ce qu’il s’était passé, Purukuparli chassa sa femme. En signe de culpabilité et de regret, Waijani se couvrit le pubis de ses mains. Par solidarité, sa mère fit de même.

Puis, Tapaji vint réclamer l’enfant mort afin de le ressuciter. Purukuparli refusa :  »Maintenant que mon fils est mort, tout le monde devra le suivre. On devra tous mourir. »

Alors, armés de fourches et d’éclairs, Tapaji et Purukuparli se sont battus. Purukuparli blessa Tapaji de nombreuses fois au visage, et l’obligea à s’envoler. Tapaji se transforma et devint la lune, apparaissant et disparaissant tous les mois, comme pour rappeler à l’homme son immortalité perdue.

Purukuparli célébra le rituel d’enterrement, assisté par l’oiseau Tokawanpini. Il montra aux gens comment fabriquer les ornements funéraires et comment exécuter les danses.

Puis, à la pointe est de l’île de Melville, Purukuparli prit son enfant dans les bras et marcha vers la mer. Aujourd’hui encore, on y voit le tourbillon d’eau qui les avala. »

« Rêve du peuple Tiwi, Île de Merveille », in Paroles aborigènes, Australie, rec. Par Thomas Johnson, Albin Michel, 1998. Extrait cité par Odon Vallet, L’héritage des religions premières, coll. Religions, Gallimard, 2003, p. 98.

Fr. Kearan.

« Un peu de magie égyptienne… »

7 janvier 2016

L’Égypte, son Nil, ses pyramides, ses pharaons, ses momies… et sa magie ! Les mages égyptiens étaient réputés pour être les plus sages et les plus puissants de l’Antiquité – tout du moins, de l’Antiquité connue. Après tout, comme le relatent plusieurs traditions mystiques, les théurges d’Égypte ne furent-ils pas les héritiers des grands mages de l’Atlantide ?

Voici, en guise d’introduction à la magie égyptienne, l’éloge du magicien Im-Ho-Râ par lui-même, telle qu’elle apparaît dans une tablette datée du Moyen-Empire conservée aujourd’hui au musée du Louvre. On y remarquera les nombreuses références au pouvoir de suggestion que ce magiste semblait maîtriser à la perfection. Étrange coïncidence, des siècles et des siècles plus tard, le célèbre Aleister Crowley échappa une nuit à une agression dans les bas-fonds du Caire, en se rendant « invisible » aux yeux de ses agresseurs. Nul doute que, comme Im-Ho-Râ en son temps, Crowley fut lui aussi un expert dans l’art de la suggestion !

« Je connais le secret des hiéroglyphes

et je sais comment s’accomplissent les offrandes rituelles.

J’ai appris toutes les formes de magie

et aucune ne m’est étrangère.

En vérité, je suis un excellent exécutant

dans l’art qui est le mien,

et ma supériorité est le résultat de mes connaissances.

Les formules et les proportions des mélanges me sont connues

et je n’ignore rien des poids qui ont été fixés ;

je sais comment réduire la taille d’un personnage

ou, au contraire, le mettre en relief, selon le cas,

pour donner l’impression qu’il sort ou qu’il entre ;

et je sais placer un corps à l’endroit précis où il doit

se trouver.

Je connais les mouvements

que n’importe quel personnage peut faire,

la démarche d’une femme,

l’attitude de quelqu’un qui se tient debout,

la position du prisonnier accroupi

dont le visage est voilé de tristesse,

le regard qu’un œil lance à un autre œil,

la terreur inscrite sur la face de celui qu’on vient de capturer,

l’équilibre du bras de celui qui frappe l’hippopotame,

l’allure du pas de celui qui marche rapidement.

Je sais faire des émaux et des objets en or fondu

sans qu’ils soient brûlés par la chaleur

et sans que leurs couleurs soient délavées par l’eau.

Je n’ai rien révélé de ce que je sais à personne

sauf à moi-même et à mon fils aîné

parce que le dieu m’avait ordonné

de lui révéler les choses que je sais. »

Fr. Kearan.

« Si vous voulez vivre, commencez par tuer le vieux monstre qui est tapi en vous »

4 janvier 2016

Voici un court extrait des plus initiatiques pour tous les chercheurs de mystères, tiré des Lettres Magiques de Sédir (1903). Le livre complet est gracieusement disponible sur l’excellent site livres-mystiques.com, à cette adresse :

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/sedir/lettmag1/table.html

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« Vers cette époque, je m’épris d’un beau zèle pour les études historiques et archéologiques; et je portais plus particulièrement mes recherches sur la corporation mystérieuse des Templiers. Tous les historiens s’accordent à faire de cet ordre une société d’hommes d’affaires adroits, ambitieux et avides ; je fus bientôt convaincu de la fausseté de cette opinion. Grâce à d’anciennes amitiés, j’avais mes entrées libres dans les bibliothèques privées de certains érudits d’Allemagne et d’Angleterre; et c’est là que d’heureuses découvertes me donnèrent l’orgueil d’étonner le monde savant par une thèse originale et neuve. Je pus reconstituer leurs rites, dévoiler ce qu’était le trop fameux Baphomet dégénéré en le petit chien Morse du XVIII siècle, faire connaître les travaux effectués dans les commanderies et la raison des architectures imposantes de ces primitifs maçons.

Un soir, je racontais mes travaux à Désidérius, pensant en moi-même l’étonner et tout prêt à le complimenter, lorsqu’il répondit à l’une de mes périodes :

«C’est très bien d’avoir travaillé cette question, l’idée est ingénieuse, mais vous ne l’épuiserez pas entièrement parce qu’il vous manque la thèse métaphysique de votre antithèse physique. »

Je ne compris pas et j’interrogeai

- Une thèse métaphysique ?

- Oui, si la terre existe, c’est parce qu’il y a des cieux, et si les cieux s’élèvent au-dessus de nos têtes, c’est parce que la terre est sous nos pieds, expliqua Désidérius avec un demi-sourire. – Je vous donne là des formules trop générales ; vous n’avez pas encore l’esprit habitué à saisir d’un coup les rayonnements d’une idée; c’est cependant une chose nécessaire.

Ainsi, pour la question qui nous occupe, vous n’avez pas fait cette simple remarque que, si les Templiers ont donné lieu à une légende, cette légende est leur fantôme réfléchi, leur contraire analogique. Si donc on les croit une association de changeurs et de banquiers, c’est que leurs richesses réelles venaient d’une tout autre source ; si l’on sait vaguement ce qu’ils faisaient dans les salles hautes de leurs forteresses, c’est que l’on ignore tout à fait l’usage de leurs caves et de leurs galeries souterraines où circulait, active et insaisissable, la véritable vie de l’Ordre.
Voilà ce que vous auriez pu voir.

- Votre idée est pour le moins originale, lui répondis-je; mais sur quels documents précis l’appuyer ? En avez-vous des preuves?

- Mon cher ami, répliqua Désidérius en tirant de sa pipe d’égales bouffées, toute notion intellectuelle a autant et plus de réalité que cette table de marbre, ou cette tasse à café ; mais il est beaucoup de choses que les gens n’ont pas besoin de savoir; nos yeux sont conformés pour recevoir une telle quantité’ d’énergie lumineuse; mais vous savez bien. qu’un éclat trop brillant nous aveugle. Toute chose est parfaite dans l’univers.

- Et ces documents?

- Oh! nous verrons plus tard ; il faut que vous vous débarrassiez au préalable d’un certain acquis mental qui, loin de vous aider, vous crée un mur. Si vous voulez vivre, commencez par tuer le vieux monstre qui est tapi en vous.

- Allons, voilà que vous allez me faire de la mystique. J’ai lu Jacob Boehme, le cordonnier…

- Mais vous ne l’avez pas conçu

- Et vous ?

- Oh moi ! il faut bien se donner un intérêt dans la vie.

- Mais enfin verrai-je un jour vos documents ? Je suis certain que vous devez posséder des trésors; pourquoi ne consentiriez-vous pas à m’en faire voir un petit coin ? Vous savez que je connais lord L*** qui a dans les Highlands un si beau manoir et de si belles antiquités druidiques. J’ai pénétré dans la bibliothèque de M. S*** qui a passé sa vie à collectionner des manuscrits tibétains, dans celle triplement fermée du professeur K*** de Nuremberg, où toute la mystique occidentale se trouve avec l’histoire des sociétés secrètes ; j’ai…

- Vous avez vu également la collection d’Abraxas du prince romain C***, et quelques autres endroits fermés ont reçu encore votre visite, ajouta Désidérius d’un ton placide, je le sais; c’est à moi que ces diverses personnes se sont adressées lorsqu’il a fallu avoir des renseignements; et vous vous trouvez déjà mon débiteur… Attendez un peu, je pense n’avoir plus beaucoup de temps à vivre ici-bas. Je vous donnerai du travail pour après ma mort comme je vous en ai déjà donné de mon vivant.

Et mon bizarre compagnon, ayant rallumé sa pipe, me souhaita une bonne nuit, bien qu’il fût à peine une heure après midi, et disparut dans la foule.

- Quel dommage, murmurai-je, qu’un tel homme aime à faire poser ses contemporains! Au fond, je vais le soigner, parce qu’il doit certainement avoir des trésors dans sa bibliothèque. »

Fr. Kearan.

Curiosité : l’Almanach du magiste !

31 décembre 2015

Les Almanachs du magiste de Gérard Encausse – plus connu sous le nom de Papus – ont été publiés entre 1894 et 1903. Ces agendas ésotériques contiennent le calendrier magique « pour tous les jours de l’année », ainsi que des articles, parfois conséquents, dédiés à divers sujets occultes (la géomancie, la confection et l’usage de la baguette magique, la signification ésotérique des grades maçonniques, etc.).

Plus intéressant encore, on y trouve un « Tableau chronologique de l’histoire de l’occultisme », qui recense les faits et actualités de l’ésotérisme, mois après mois. Ce rapport annuel est d’une grande utilité pour l’historien, car il révèle les événements qui ont marqué le monde de l’ésotérisme français – ou tout du moins, les événements qui ont retenu l’attention des plus grands représentants de l’ésotérisme de la Belle Époque. Il est également très utile pour découvrir ou redécouvrir tout un pan de la bibliographie occulte, des ouvrages, mais aussi des revues aujourd’hui oubliées.

Enfin, ce tableau témoigne de l’incroyable vitalité de l’occultisme français et européen de la fin du XIXe siècle, avec ses conférences, ses créations de Loges ou d’institutions dédiées à l’ésotérisme, ses publications incessantes et ses controverses.

 Voici ce que l’on peut lire dans le « Tableau chronologique » pour l’année 1897 :

« Mars 1897. – L’Initiation publie le règlement statutaire de la Faculté des Sciences Hermétiques. Cette Faculté comprend : un directeur fondateur et deux administrateurs formant le conseil d’administration, un conseil de perfectionnement, des professeurs titulaires, des maîtres de conférences, des chargés de cours, des chefs et des aides de laboratoire, des élèves.

Paraît chez Chamuel le magistral ouvrage de Stanislas de Guaita : La clef de la Magie Noire.

Jugement de la Commission romaine sur Diana Vaughan. L’Église se dérobe. La découverte de l’argentaurum du Dr Emmens, se répand en Europe. C’est le triomphe des alchimistes.

Avril. – Constitution générale du Congrès Spiritualiste de 1900. Centralisation à Paris.

Le docteur Luys, en collaboration avec M. David, vient de découvrir le moyen de photographier directement les effluves qui émanent du corps humain. On applique simplement les doigts sur une plaque sèche immergée.

La maison hantée d’Yseure préoccupe toujours l’opinion.

Mai. – Paraît chez Chamuel : L’Imposition des Mains et la Médecine philosophale de Oswald Wirth.

M. Léon Denis fait à Paris, salle du Grand Orient, des conférences spirites intéressantes.

La farce de Diana Vaughan prend fin. Le Taxil poussé dans ses derniers retranchements, grâce à l’énergie du Dr Papus, avoue que son seul but était de se moquer des catholiques… gogos. Il a réussi !

Paraît chez Chamuel : Comment on devient Alchimiste, par F. Jollivet Castelot.

Juin. – Le Congrès de l’Humanité pour 1000 s’organise avec rapidité ; la plupart des journaux spiritualistes de n’importe quelle école adhèrent à ce magnifique projet d’union.

Juillet. – Le Syndicat de la Presse Spiritualiste est définitivement constitué. Son siège est 23, rue Saint-Merri.

Aux examens de fin d’année de l’Ecole de Magnétisme de Paris, 20 élèves reçoivent le diplôme de magnétiseur.

A Londres, a lieu l’Assemblée générale de la Convention annuelle de la Section Européenne Théosophique.

Paraît chez Chamuel le livre de Sédir : Les Incantations.

Août. – Une campagne odieuse et acharnée a lieu contre l’Ordre Martiniste, craint du clergé parce qu’il éclaire au lieu d’éteindre. La plus grande mauvais foi préside aux attaques.

Septembre. – Mort du docteur Luys, membre de l’Académie de Médecine, et qui s’était activement occupé des sciences psychiques.

Octobre. – Numéro exceptionnel de l’Initiation consacré à la Tradition Orientale et surtout au Brahmanisme. Tentative superbe, couronnée de plein succès.

L’Hyperchimie de septembre, octobre et novembre, ouvre une curieuse et féconde enquête sur l’Hermétisme Populaire.

La revue Matines publie son premier numéro.

Paraît chez Chamuel : l’Art de Demain, par Barlet et Lejay.

Novembre. – L’Ordre Martiniste prend une extension toujours plus grande. De nouvelles créations s’effectuent par le monde entier. 10 loges nouvelles sont fondées en deux mois.

La bibliothèque rosicrucienne s’enrichit d’un précieux ouvrage : Le Cantique des Cantiques, traduit et commenté. Cette bibliothèque comprend aussi, entre autres volumes, le Traité des Causes Secondes de Trysthème.

M. Clavenad, ingénieur des Ponts et Chaussées, a découvert le procédé de Synthèse hermétique de tous les métaux, y compris l’or. Ses travaux sont exposés par lui-même dans la revue l’Hyperchimie.

Décembre. – 19 décembre. – Mort de Stanislas de Guaita, grand Maître de l’Ordre kabbalistique de la Rose + Croix. C’est une perte irréparable pour l’Occultisme contemporain.

Conférences faites en France par Mme Annie Resant.

Janvier 1898. – Le Conseil Suprême de l’Ordre kabbalistique de la Rose + Croix élit Grand Maître, en remplacement de Stanislas de Guaita, le savant occultiste F. Ch. Barlet.

Un congrès général des Spirites aura lieu à Londres, en août 1898.

Février. – L’extension immense de l’Ordre Martiniste nécessite la création d’une Chambre des affaires extérieures chargée de correspondre avec les Délégués.

F. Jollivet Castelot. »

Le lecteur trouvera quelques numéros numérisés sur la plate-forme Gallica à cette adresse :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32688744t/date

Fr. Kearan.

Le Cercle Magique!

28 décembre 2015

cercle d'évocation

Le sorcier retranché dans son cercle de protection pour commander aux esprits n’est pas qu’une image d’Épinal, un produit du folklore. Le cercle magique est un élément indispensable pour toute opération un tant soit peu sérieuse, notamment en matière d’évocation. Les magistes confirmés qui se sont essayés à des évocations – en particulier goétiques – sans la protection d’un cercle ont ressenti des effets physiques et psychiques désagréables, ainsi qu’une difficulté à canaliser les forces en présence (et c’est là un moindre mal!). Nous pouvons renvoyer ici le lecteur à l’excellent ouvrage De l’évocation de Phil Hine (1986), consultable et téléchargeable sur le non moins excellent blog Kaosphorus : https://www.kaosphorus.net/3793/de-l-evocation-par-phil-hine-version-pdf/ .

 Bref, le cercle qui entoure le magiste pendant ses travaux le protège des dangers et perturbations des forces qu’il manipule. Pour un magicien, le cercle est donc un peu l’équivalent du casque pour l’ouvrier de chantier, ou des gants pour le chimiste qui manipule des produits toxiques.

 La plupart des grimoires conseillent d’établir un cercle aussi grand que possible, afin que l’opérateur puisse s’y déplacer sans risquer de sortir de ses limites. Ce cercle peut-être finement décoré de mots et de formules sacrées, ou être simplement tracé à la craie, voire creusé à même la terre si le rituel a lieu dans la nature. Les magistes disposant d’une pièce spécialement réservée à leur art y peignent généralement un cercle fixe, dont la stabilité en renforce les remparts. Attention toutefois, ce cercle ne saurait être entièrement fermé : il faut y laisser une « porte » d’environ 40 centimètres, ouverture qui ne sera fermée à la craie par le mage qu’une fois que celui-ci aura pris toutes ses dispositions, et qu’il n’aura plus besoin de sortir du cercle avant la fin des opérations.

 De la même façon, le cercle ne doit jamais être enjambé ; il faut toujours y entrer et en sortir par la porte ! Enfin, le cercle possède bien entendu une dimension invisible. Astralement, il est doté d’un grand rayonnement, mais il ne forme qu’une simple ceinture. Aussi, faut-il le compléter par un « dôme ». A l’aide de sa baguette (tenue par la main gauche), le magiste créé une spirale partant de la base et allant en diminuant, jusqu’à former un point central au-dessus du cercle. Cette sorte de « cloche à fromage » astrale chapeaute ainsi le cercle pour éviter aux forces d’y pénétrer par les airs.

 Notons que le cercle est situé dans l’espace magique. A l’Est correspondent les forces de l’air ; au Sud, celles du feu ; à l’Ouest, celles de l’eau ; au Nord, celles de la terre. Avant toute évocation, il est nécessaire d’appeler les élémentaux de ces quatre forces et points cardinaux, afin qu’ils protègent le cercle et qu’ils offrent au mage la possibilité de manipuler les éléments.

 Les formules d’appel sont très nombreuses, mais fonctionnent toujours sur le même principe. Voici un appel – ou ouverture du cercle – issu du célèbre (et galvaudé) Livre des Ombres :

 Je te conjure, ô cercle de pouvoir,

Afin que tu sois un lieu de rencontre pour l’amour,

La joie et la vérité, un bouclier contre tout maux et toute méchanceté,

Une frontière entre le monde des hommes et le royaume des Puissances,

Un rempart et une protection qui préservera et qui contiendra le pouvoir que

J’accumulerai en toi.

 

Ainsi je te bénis et te consacre,

Aux noms de Cernunnos et d’Aradia.

 

Oyez, seigneurs de la Tour de l’Est,

Seigneurs de l’Air.

Je vous convoque,

Vous éveille et vous appelle pour observer mes rites et garder le cercle.

 

Oyez, seigneurs de la Tour du Sud,

Seigneurs du Feu.

Je vous convoque,

Vous éveille et vous appelle pour observer mes rites et garder le cercle.

 

Oyez, seigneurs de la Tour de l’Ouest,

Seigneurs de l’Eau.

Je vous convoque,

Vous éveille et vous appelle pour observer mes rites et garder le cercle.

Oyez, seigneurs de la Tour du Nord,

Seigneurs de la Terre,

Gardiens du portail boréal.

Ô puissant Dieu, ô bonne Déesse,

Je vous convoque,

Vous éveille et vous appelle pour observer mes rites et garder le cercle.

 Fr. Kearan.

Rituel pour faire venir une succube

27 décembre 2015

Si les succubes attisent l’imaginaire, figurant parmi les démons les plus populaires de la littérature magique et surtout des univers de fantasy, il est particulièrement difficile de trouver des « recettes » pour les appeler. Il existe certes un très bel article de Phil Hine sur le sujet, traduit en français par Morigane (http://www.paganguild.org/aubeseptiemelune/chaos-magick/incubes-succubes.htm); on peut aussi trouver quelques œuvres plus fantasmatiques que véritablement sérieuses, comme celles de Faustus Crow. Mais il est rare de tomber sur des travaux utiles – et surtout utilisables – pour appeler ou évoquer une succube.

 Rappelons, sans entrer dans les détails et les controverses sur la nature de ces entités, que les succubes (et leur pendant « masculin », les incubes) sont des démons d’une grande beauté, voués à la débauche et à la luxure. On ne les appellera donc pas pour faire une partie de dés…

 Voici l’incantation pour faire venir une succube (ou un incube) ; le lecteur, même néophyte, s’apercevra qu’il manque une clé pour finaliser le rituel. Il la trouvera aisément.

 INCANTATION :

(Archange du demandeur) Adonaï – Eloay – Béha – Hasiti – Ochihani – Ben – Yémini – Adonaï – Mikol – Rodéfi – Véatsileni – Pen – Yitrof – Kéaraï – Nafshi – Porek – Véeyn – Matsil – Adonaï – Eloay – Im – Asiti – Zot – Im – Yech – Avel – Békafaï – Im – Camaléti – Sholmi – (prénom du destinataire + celui de la mère).

 Deux petites remarques. Premièrement, les psychanalystes gloseront à plus soif sur la présence du « prénom de la mère » dans l’incantation, voyant dans ce rituel un œdipe sublimé. La théorie ne tient pas tout-à-fait cependant, car le prénom de la mère est également nécessaire pour l’évocation par une femme d’un incube (l’œdipe nécessiterait dans ce cas d’utiliser le prénom du père).

Deuxièmement, d’un point de vue énergétique, la succube peut-être perçue comme une entité parasite ; certains énergéticiens et astralistes confirmés rapportent leur expériences avec des succubes, simples larves selon eux, sans autre formes que celles que l’on veut bien leur donner, et qui puisent l’énergie de leurs hôtes. Nous sommes alors bien loin des démons sulfureux – filles et fils de la terrible Lilith. Pour plus d’informations sur cet aspect, le lecteur se reportera avec fruit aux archives de l’excellent forum (désormais clos) du site Astral Sight : http://www.astralsight.com/forum .

 Fr. Kearan.

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