Accueil berbiguier Curiosité: les Farfadets de Berbiguier!

Curiosité: les Farfadets de Berbiguier!

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M. Berbiguier, et son ouvrage de 1400 pages sur les… farfadets (Les Farfadets, ou tous les démons ne sont pas de l’autre monde… Paris, l’auteur, 1821, 3 vol. in-8°)!

Voici le livre d’un fou, d’un « persécuté » dans le langage psychiatrique du premier XIXe siècle, qui est cependant en bien des points fascinants.

C’est Stanislas de Gaita qui présente le mieux son auteur, dans le Temple de Satan:  » ‘Alexis-Vincent-Charles Berbiguier de Terre-Neuve-du-Thym, natif de Carpentras, habitant Avignon, momentanément domicilié à Paris’… Nous voilà renseigné. C’est un possédé véritable, qui ne voit partout que des démons (qu’il nomme des Farfadets) et des sorcier (qu’il appelle des physiciens). Il se plaint amèrement d’une société infernalico-diabolique (sic), dont il démasque à la face du ciel les principaux affidés – des docteurs, des étudiants, des avocats, des pharmaciens… Les incessantes persécutions que lui font subir ces misérables empoisonnent son existence; il crois s’en venger en dénonçant leurs noms. »

Si Gaita s’amuse volontiers de la folie de Berbiguier, il offre toutefois une lecture toute différente du mal qui rongeait le pauvre homme, bien loin des intéressants rapports psychiatriques établis au XIXe siècle sur le personnage et son oeuvre.

Berbiguier-de-Terre-Neuve-du-Thym-PL.-5-1

 

« Berbiguier n’est point un fou comme les autres » écrit Gaita. « Sa folie a cela de particulier qu’elle se fonde sur la perception – absolument indirecte et faussée, j’en conviens – d’un monde très réel que les gens sensés ne soupçonnent pas, et que mon livre ne leur fera connaître, d’ailleurs, que s’ils se résignent à devenir des fous eux-mêmes: je veux dire des êtres susceptibles de notions et de perceptions, auxquelles restent fermés la plupart de leurs semblables. Berbiguier est certainement la victime d’une nuée de larves; mais il attribue ces vexations à des sorciers métamorphosés en monstres de toute sorte et de toute grandeur. L’examen de ses gravures est des plus curieux à ce point de vue: ceux dont les yeux ne sont pas faits pour l’astral peuvent du moins étudier en ce miroir la nature protéenne des larves, aptes à revêtir, avec une inconcevable souplesse, les formes les plus paradoxales et plus variées: il suffit que le pauvre possédé, que leur présence horripile, ait l’appréhension ou l’obsession de quelque hideuse figure, et les larves de se modeler aussitôt en conséquence: c’est une hallucination qui prend corps; c’est une pensée qui s’objective et s’informe dans la substance plastique ambiante. [...] Lorsque vous entendez, dit notre homme, le bruit que font de gros oiseaux qui battent des ailes, c’est du farfadérisme pur; il en est de même lorsque vous entendez marcher des monstres d’une grosseur prodigieuse ou d’une forme affreuse, mais que vous ne voyez pas non plus; lorsque, dans les appartements les mieux clos, vous entendez un vent épouvantable, qui effraye les personnes qui se croient à l’abri… Alors, il faut s’armer d’un grand courage, se munir d’une arme quelconque, ou tranchante, ou pointue, s’il y a moyen, agir sans cesse de droite à gauche, comme si vous espadonniez, et vous entendrez peut-être couler le sang de celui ou de ceux que vous aurez eu le bonheur de blesser. »

Pour finir, Gaita s’étonne de l’incroyable « intuition » magique de Berbiguier, tout-à-fait inculte en théurgie et kabbale, mais qui trouva des procédés très proches de ceux des Arts pour venir à bout des farfadets: « La variété de formes où se multiplient les larves est parfaitement décrite en ces lignes; mais ce qui est le plus étonnant, c’est que ce maniaque sans lettres, étranger de toute évidence aux théories scientifiques de la Kabbale, ait eu l’intuition précise des véritables armes propres à dissoudre ces êtres factices et fugaces: les pointes d’acier, les lames tranchantes – et aussi des fumigations particulières! »

Voici, à titre de comparaison (qui n’est pas raison), la lecture psychiatrique de Berbiguier et de son oeuvre; nous renvoyons au site « Histoire de la Folie », particulièrement bien documenté, d’où est tirée la planche d’illustration.

http://www.histoiredelafolie.fr/psychiatrie-neurologie/les-farfadets-ou-tous-les-demons-ne-sont-pas-de-lautre-monde

Fr. Kearan.

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