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Leçon n°1 – La Magie, part. 1

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Voici la publication de la première « leçon », dédiée à la Magie. Dans cette première partie, nous nous intéresserons à la définition de la Magie, préalable indispensable à son étude et à sa pratique que nous verrons ultérieurement.

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Le mot « leçons » a, je le reconnais volontiers, quelque chose de prétentieux. Qui suis-je pour donner des leçons, ou pire, pour « faire la leçon » ? En particulier dans un domaine aussi occulte que celui de « l’occulte », où tout spécialiste est un potentiel dément ou un possible escroc.

Si la démence et l’escroquerie ne sont pas, hélas, des défauts tout-à-fait étrangers à ma personnalité, je reste néanmoins convaincu qu’il n’y a ni maîtres, ni élèves, ici-bas ; aussi, je ne prétends nullement « enseigner » l’occultisme, mais simplement partager ce que j’en sais, en échange de tout ce que j’apprends d’autre part, de ceux qui ont bien voulu partager avec moi ce qu’ils en savent eux-aussi.

Difficile d’aborder l’occulte sans commencer par la magie, parce qu’elle est véritablement la pierre angulaire de toute incursion dans l’Inconnu. Pour cette première partie, je voudrais me concentrer sur une définition de la magie qui permettra de saisir avec le cœur ce qu’elle est, et d’écarter avec l’intellect ce qu’elle n’est pas.

L’introduction de l’Encyclopédie des Sciences Occultes et Divinatoires (T.2, I.G.B., 1977) offre une superbe entrée en matière sur le sujet, que je me contenterai de résumer ici. « La magie », est-il écrit, «c’est d’abord le merveilleux (…), tout ce qui préserve, élève, transfigure. Tout ce qui donne accès à cet univers supérieur dénué de toute ombre, de toute laideur, de tout mal et de toute fatigue – pour lequel, en secret, nous nous savons faits. Cette magie là s’apparente au charme et à la grâce. C’est dire assez qu’elle nous fuit sans cesse. (…). La tentation devient grande, alors, de recourir non plus aux valeurs humaines les plus hautes pour transcender notre univers matériel voué à la déchéance, mais à une magie technique – ou technique de la magie – susceptible de transgresser les lois naturelles et de nous permettre d’agir à notre guise sur le monde objectif, sur autrui ou sur nous-mêmes.
Dans ces moments là, nous ne voulons plus savoir si nous nous mettons sous la coupe des fées ou des sorcières, de l’ange ou du démon, de la lumière ou des ténèbres, de la magie blanche ou de la magie noire. Elle est si forte en nous, cette exigence de la magie, que tous les moyens lui sont bons pour s’imposer. (…) En tout état de cause, nous entendons atteindre la magie grâce à la magie. Nous en avons si infiniment besoin pour vivre, humainement parlant, qu’elle nous semble due au même titre que le lait de la mère, l’oxygène du ciel et l’eau de la terre. »

Ce désir de magie, nous le ressentons tous parce que nous sommes tous magiciens. Continuons la lecture de l’Encyclopédie : « La plupart des petits sorciers de village et des grands magiciens du monde ont avoué un jour ou l’autre que tous les hommes possédaient leurs dons à l’état latent, et que ce n’était en définitive qu’une question de mise en valeur. »
Et comme on ne peut être pleinement accompli, épanoui, en refoulant une part aussi profonde de soi, le recours aveugle à la seule raison, et la foi infantile placée par l’Homme contemporain en la seule science, ne lui permettent pas d’obtenir l’intelligente sérénité qu’il recherche. « Raison et science ne savent pas encore nous dire pourquoi elles nous laissent toujours insatisfaits. (…) La magie n’est-elle que la superstition des premiers hommes face aux menaces et aux promesses d’un univers qui leur demeurait totalement incompréhensible ? Ou bien n’est-elle pas aussi une perception qui dépasse la science pour atteindre à un niveau de connaissance, ou de conscience, plus universel, et, par là, plus authentique ? La magie répond sans nul doute aux deux perspectives, et voilà pourquoi il est si difficile de rejeter totalement, ou d’accepter totalement, les différentes manifestations que l’on désigne par ce mot. » Dès lors, « la magie relève du senti et du vécu. Pour apprendre la nage, l’on se fait nageur. Pour voir la magie, il convient de s’accepter un peu magicien soi-même. »

Ce sentiment, qui devient parfois un besoin, d’un quelque chose de plus grand, de plus complet, de plus cohérent, de plus total, et pour lequel nous sommes conçus et destinés. C’est cela, la magie. Colin Wilson, dans son excellente Histoire de la Magie (J’ai Lu, 1973) n’écrit pas autre chose : « Le Faust de Goethe peut être considéré comme le plus grand drame symbolique de l’Occident, le drame du rationaliste suffocant dans la chambre poussiéreuse de sa conscience personnelle, pris dans le cercle vicieux de l’ennui et de la futilité. Ce qui pousse Faust vers l’occulte, c’est son désir instinctif de croire à des forces inconnues, à des interprétations plus larges qui peuvent briser le circuit. »

Briser le circuit. L’expression est toute désignée pour la magie.

Briser un circuit ridiculement étroit ; casser le bocal pour aller nager dans l’océan. L’eau de l’océan n’est pas plus illusoire que celle contenue dans le bocal. Et pourtant, quiconque prétendrait vouloir nager en ses courants serait taxé de fou ou de rêveur. Le bocal est étroit, son eau usée, mais il rassure. Aux fous donc, les rêves d’océan; aux magiciens, de nager avec les sirènes.

A suivre…

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